Conte : Les 3 passoires

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Quelqu’un vient un jour trouver Socrate, le grand philosophe de la Grèce antique, et lui dit :

« Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ? 
— Un instant,
 répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires : 
— Les 3 passoires ? 
— Mais oui,
 reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes de choses de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des 3 passoires. 
La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ? 
— Non. J’en ai simplement entendu parler… 
— Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité. 
Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ? 
— Ah non ! Au contraire. 
— Donc,
 continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es même pas certain si elles sont vraies. 
Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l’utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ? 
— Non. Pas vraiment. 
— Alors,
 conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? »

« N’ouvre la bouche que si ce que tu as à dire est plus beau que le silence ».  Proverbe arabe

« L’intelligent parle de ce qu’il a vu, et le sot de ce qu’il a entendu dire »  Sagesse populaire Yiddish

 

Responsable, oui ! Coupable, non ! Comment faire ?

responsable, oui ! coupable, non !

Sur la base du livre : Responsable, oui ! coupable, non ! de Yves-Alexandre Thalmann

Après avoir vu de quoi je suis vraiment responsable : Responsable, oui ! coupable, non ! Les responsabilités qui incombent à chacun…

Après avoir distingué responsabilité et culpabilité : Responsable, oui ! Coupable, non ! De la responsabilité à la culpabilité…

Nous voici dans le dernier chapitre, le plus pratique, le comment faire ?

Et ceci ne peut pas se faire sans prise de conscience. Il convient également d’être convaincu du bien fondé de ce système de prise de responsabilités. C’est à dire que je suis à 100% responsable de ce que je fais, je dis, je pense et ressens. Et que bien sûr, pour celui qui est en face, c’est pareil. Enfin, à nous deux, nous sommes à 50% co-responsable de notre relation.

Il existe plusieurs techniques pour parvenir à inscrire le changement dans son quotidien : les messages-je, l’a priori du doute positif, des demandes claires, la déculpabilisation… A eux seuls, ils constituent une belle boîte à outil pour une bonne prise des responsabilités !

Les Messages-JE

Cet exercice est une piste concrète pour entamer le changement. Cela consiste à bien utiliser le « je » pour exprimer nos émotions. Pas de « on », pas de « nous » ou autre évitement. « Je » suis 100% responsable de ce que je ressens. Ca ne veut pas dire que je maîtrise entièrement mes émotions ou mes réactions, mais au moins j’en prend la responsabilité.

La première phase consiste à accepter que nos émotions (et les perturbations physiques qui vont avec comme le coeur qui s’emballe par exemple) nous habitent et nous bouleversent. Elles sont en effet une jauge indispensable à notre survie. Lorsque nous les refoulons, elle peuvent provoquer mal-être et/ou maladie.

Dans un second temps, il convient des les exprimer. Et tout l’art est d’arriver à le faire sans froisser autrui, c’est à dire en le respectant et sans l’incriminer. Ex : « Je me sens blessé quand tu dis cela », plutôt que « Je me sens blessé quand tu me parles mal », et surtout plutôt que « tu me blesses quand tu me parles mal ».

La troisième étape est donc un changement du discours intérieur, essentiellement pour les émotions répétitives et disproportionnées. Il est évident que si je crois encore en moi que l’autre est responsable, je ne peux pas faire passer le message contraire. Bah oui ! C’est un patient travail d’apprivoisement qui ouvre « une plage de liberté ».

Le cadeau est que très vite, on se rend compte que les autres réagissent différemment et je vous le promet (!), ils s’énervent moins et vous écoutent plus.

Tu es responsable

Je renonce au langage déresponsabilisant

Et pourquoi ? Et bien parce que lorsque « je peux plus », « il faut… », « je suis comme ça, j’y peux rien », « on change pas en vieillissant »… etc, je ne suis plus du tout acteur de ma vie. La conséquence est que je deviens une victime et que je n’ai plus du tout les rennes de ma vie en main. Pour être plus mordante, c’est la meilleure manière de se laisser gentillement assujettir aux autres qui eux, prennent des décisions et agissent.

Luttons donc contre le fatalisme psychologique !

L’a priori du doute positif

Partons des résultats d’études scientifiques qui prouvent que la pensée prime sur l’émotion. Quid : je pense que c’est triste et après je suis triste. Donc si je pense que ce n’est pas triste mais utile pour mon avenir, je suis contente.

Donc… autant penser positif et « lorsque je ne connais pas les raisons des actes d’autrui, je fais le choix de privilégier, à priori, une interprétation positive ».  Ce n’est pas moins probable que d’imaginer des raisons négatives et c’est bien plus agréable.

Le but n’est pas de devenir le roi de la naïveté ou un béni oui-oui, ni d’accepter sans sourciller tout ce qui arrive. Mais je préfère me remplir d’émotions plaisantes que de colère ou de rancœur et je garde ouverte la porte des possibles.

Je laisse les autres responsables de leurs émotions

C’est plus difficile qu’il n’y paraît car nous vivons dans une société qui cherche constamment un coupable. Nous avons donc pris de mauvaises habitudes. De plus, nous avons vite l’impression que l’on se fiche de l’émotion de l’autre. Mais nous pouvons très bien reconnaître l’état affectif de l’autre sans se sentir responsable de sa manière de réagir. A ce moment, il est bon de valider par nos paroles l’émotion perçu : « je vois que tu es en colère », « vous me semblez gêné par ma décision. »…

Ainsi, je ne suis pas responsable de ce que ressent mon interlocuteur. Je le répète, chacun est responsable de ses émotions. Si je me fais larguer, je suis responsable de ma tristesse. Si on me rentre dedans en voiture, je suis responsable de ma colère. Si mon patron impose une nouvelle manière de travailler, je suis responsable de ma râlerie et de ma rigidité au changement. Les choix sont parfois difficiles mais nous avons toujours le choix.

Des demandes claires

 Nous utilisons beaucoup la manipulation, si, si ! Vous aussi ! Manipuler c’est utiliser des moyens détournés pour atteindre notre but. Le plus répandu : « Tu m’énerves ». Le but est d’amener l’autre à changer son attitude ou à réparer sa faute.

Mais être responsable « c’est prendre le parti de formuler des requêtes claires et explicites, sans pression sur nos interlocuteurs. » Et pourquoi j’arrête ? Parce que j’opte pour un respect mutuel et le bien-être de chacun sur la durée…

Conclusion

Notre quotidien ressemble plus à une chasse à qui la faute qu’à une prise juste des responsabilités. La conséquence est un monde de jeux de pouvoir où la méfiance prend racine et porte ses fruits.

Ainsi, prendre chacun ses responsabilités permet de vivre moins anxieux et plus ouvert, ne plus regarder derrière son épaule et pouvoir regarder l’avenir avec confiance. Mais surtout et avant tout, c’est le meilleur moyen de ne pas se perdre dans la culpabilité.

 

 

Responsable, oui ! Coupable, non ! De la responsabilité à la culpabilité…

responsable, oui ! coupable, non !

     Nous avons vu dans l’article précédent ce que signifiait être responsable. Et surtout, de quoi je suis responsable. Voici la réponse : je suis à 100% responsable de ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense et ce que je ressens. Pour rappel, vous pouvez lire cet article : « Responsable, oui ! Coupable, non ! Les responsabilités qui incombent à chacun ».

Mais après tout, pourquoi m’embêter à réfléchir sur tout cela et faire évoluer mes habitudes ? Et bien, nous allons voir ce qui arrive lorsque l’on ne prend pas ses responsabilités ou qu’au contraire  on en prend trop.

1. Si je n’assume pas mes responsabilités

     Je n’ai pas toujours envie de prendre en charge ce qui me revient. Parfois, je préfère me dire que je ne suis pas à l’origine d’une situation, que je suis impuissante de ce qui arrive. En bref, je préfère me mettre en position de victime. Mais nous ne devons pas confondre la position de victime et l’état de victime.

Lorsque je fais comme si je n’avais pas le choix dans ce qui m’arrive, j’adopte une attitude de plainte et d’apitoiement. J’en tire alors certains avantages comme laisser les autres gérer ou abandonner certaines situations, être consolée, rester inactive s’en m’en vouloir ou encore attendrir des proches… Je nie les responsabilités personnelles. On le fait tous à certains moments, mais développer sa conscience et prendre ses responsabilités est important pour se sentir en paix avec soi-même.

Voici quelques bons exemples :

– Râler contre les politiciens et leurs décisions mais ne pas aller voter.

– Maudire la mondialisation alors que je fais toujours mes courses à l’hypermarché du coin.

– Dire que je vais me coucher trop tard à cause de la télévision (ou autre écran).

– Donner trop de cochonneries à manger à mon enfant car sinon il va pleurer ou que je suis trop fatiguée pour lutter.

– Continuer de fumer parce que je suis dépendante.

– Excuser mon retard parce que machin me tenait la jambe.

– Crier sur mon enfant ou mon conjoint parce qu’il m’énerve.

– Harceler une jeune fille sous prétexte qu’elle porte des shorts et qu’elle me sourit.

Et j’en passe…

Certaines situations dans lesquelles on se victimise sont à tel point banalisées que l’on y fait même plus attention. Je suis sûre que vous avez en ce moment-même moult exemples en tête.

Cette manière de penser et de se situer s’accompagne de paroles plus ou moins internes : « j’y peux rien » – « j’ai pas le choix »… et même parfois : « Tu me fais de la peine » – « Tu m’énerves »… Mais nous ferions mieux de dire : « Je m’énerve quand tu fais cela. » C’est un bon exercice d’utiliser le « je », afin de récupérer le pouvoir d’action qui va avec.

2. Si j’assumer trop de responsabilités

     Si j’assume davantage, je m’expose à de gros sentiments de culpabilités qui pourtant ne m’incombent pas. Mais c’est l’impression que j’ai : « c’est ma faute… s’il est en colère, si elle souffre de notre rupture, s’il me trompe… ». Mais prendre d’autres responsabilités que les miennes ne me donne pas plus de pouvoir d’action, je ne peux pas réparer. Ce n’est pas mon action qui est en jeu. Au contraire j’augmente mon sentiment d’impuissance. Mon impression de culpabilité n’est d’aucune utilité.

Pourtant la culpabilité peut être une émotion positive. Si elle apparaît alors que je suis effectivement fautive, elle me pousse à réparer ma faute. Les émotions, de façon générale, sont des mécanismes utiles dont la finalité est de préserver  l’équilibre et la survie de l’organisme. La saine culpabilité est donc une sorte de garde-fou social qui nous pousse à suivre les règles.

Alors suis-je vraiment coupable ou non de telle ou telle situation ? Et bien si j’ai fais le choix, je dois en assumer la responsabilité.

Victimisation et culpabilisation

3. Victimisation et culpabilisation : un couple inséparable

     Celui qui se positionne en victime refuse de prendre ses responsabilités. Il attend que quelqu’un d’autre les prenne à sa place. Au contraire lorsque je prend plus que mes responsabilités, j’empêche l’autre de mettre en oeuvre son pouvoir d’action, je l’infantilise. Il y a un jeu de pouvoir qui se met en place. Si en effet, vous ne prenez pas vos responsabilités ou  que vous ne prenez trop, vous entrez dans l’arène. Et là vous êtes soit victime, soit persécuteur, soit sauveur. Alors qui êtes-vous ?

Là où il y a une victime, on trouvera bientôt un persécuteur ou un sauveur. Et inversement. On retrouve ce schéma dans les entreprises ou dans le couple. Si vous avez opté pour une position et que vous voulez la faire évoluer, il faut vous attendre à devoir faire bouger ceux qui vous entourent et qui eux-aussi ont pris des habitudes.

Sur le plan relationnel, ce jeu a peu de conséquences positives. Il favorise l’immobilisme et la pérennisation de l’insatisfaction. Il est donc de bon ton pour votre avenir de ne pas tomber là-dedans.

Si vous y réfléchissez, vous vous rendrez compte que nous sommes dans une société qui crédite beaucoup la victimisation et les jeux de pouvoir. Il faut un vrai recul pour voir ces situations ressortir du tableau. Je me pose et je regarde, je ne juge pas mais je constate. Plus tard, je pourrai me regarder et constater que peut-être je me plains un peu trop, ou que je prend tout sur moi, que j’en fais voir des vertes et des pas mûrs pour pas un sou à mes enfants ou que je vis pour sauver le monde… Dans tous ces cas, je fonce dans le mur. Alors pour retrouver le plaisir d’être en relation autant que pour retrouver mon bien-être personnel, je dois impérativement prendre mes responsabilités, mais rien que mes responsabilités.

     Dans un dernier article sur ce livre, nous verrons la mise en pratique de la répartition des responsabilités. En attendant, culpabilisez pas trop, on est humain après tout 😉

Responsable, oui ! Coupable, non ! Les responsabilités qui incombent à chacun…

responsable, oui ! coupable, non !

     Phrase-clé de « Responsable, oui ! coupable, non ! » de Yves-Alexandre Thalmann : « Assumer toutes ses responsabilités, mais rien que ses responsabilités, tel est la clé du respect de chacun et de la qualité des relations. »

Dans nos vies, la prise de responsabilité est malmenée, et ce malgré toute son honorabilité. On veut être libre et responsable. On veut que nos enfants deviennent libre et responsable. Et pourtant, ce beau projet connait bien des obstacles dont on ne se rend pas toujours compte. Vous êtes-vous déjà posé la question ? Etes-vous quelqu’un qui prend ses responsabilités ? Ou bien jouez-vous les victimes ?

Je me suis posée la question. J’ai trouvé la réponse tellement surprenante et en fin de compte la question tellement importante que je me devais de partager avec vous « Responsable, oui ! coupable, non !« 

Ce petit livre, l’air de rien et posant les choses simplement, met en avant une des grandes difficultés de notre époque et de notre société. Nous avons tendance à nous positionner en victime, ou au contraire à tout prendre sur notre dos. Mais dans ces deux situations, on ne peut rien faire, on ne peut rien changer. On reste là à râler, en attendant que le mouvement vienne d’ailleurs. Alors êtes-vous prêt à savoir si vous prenez ou non vos responsabilités ? Et pour commencer, de quoi devez-vous vraiment répondre ?

1. De quoi suis-je responsable ?

  • Mes actes que je choisis de réaliser. Même si une entreprise peut prendre en charge des frais occasionnés ou une assurance les conséquences d’un accident, je reste responsable en conscience de mes gestes. La seule exception sont les mineurs ou les personnes justement à responsabilité diminuée.
  • Mes paroles sont de ma responsabilité. Cela concerne ce que je dis, les mots précis, le ton que je prend mais aussi les tournures de phrase. La seule chose qui ne m’incombe pas est l’interprétation que fait la personne en face de moi. Entre les deux, il convient de faire attention à d’éventuels manipulateurs qui se jouent des double-sens et des sous-entendus.
  • Mes pensées sont de mon ressort. Je suis seule à adopter telle ou telle pensée. Surtout je décide de nourrir ou non une idée. Même si j’ai l’impression de ne pas contrôler ce qui me passe par la tête, c’est bien moi qui par exemple, porte plus d’attention sur des informations pessimistes sur le monde plutôt que de le voir avec des yeux positifs.
  • Mes émotions et mes sentiments… Nous avons tendance à croire que l’on subit nos émotions et nos sentiments. Qu’ils apparaissent de nul part pour s’ancrer en nous. Cependant, les résultats aux études scientifiques prouvent le contraire. Les recherches ont montré que l’activité du cerveau se voit en premier dans la zone des pensées avant d’arriver dans celle des émotions. Ceci veut clairement dire que nos émotions découlent de ce que l’on pense. Ainsi, nos sentiments découlent plus de notre discours intérieur que de la situation.

Ainsi mes responsabilités s’appliquent à mes actes, mes paroles, mes pensées, mes émotions et sentiments. On peut facilement en conclure que je suis responsable de mon bien-être ou mon mal-être. Ce n’est pas l’extérieur qui décide de mon état. Bon d’accord, mais attention à ne pas prendre plus que ses responsabilités.

2. Et les autres, de quoi sont-ils responsables ?

     Et bien de toute évidence, ils sont responsables de leurs actes, leurs paroles, leurs pensées, émotions et sentiments ! Ainsi je peux déclencher chez les autres des réactions mais je n’en suis pas la cause. Ils sont maîtres de la manière dont ils réagissent. Si je vous marche sur le pied sans faire exprès et que vous vous mettez en colère, je suis la cause de votre douleur mais pas de votre énervement. D’ailleurs, il est hors de question que je le prenne sur moi. Sinon je vous infantiliserais, pensant que vous êtes incapable de gérer vos émotions.

3. Ensemble, de quoi sommes-nous responsables ?

     Les liens entre les protagonistes sont tout aussi important que les personnes elle-même. Au fur et à mesure du temps, il s’instaure un jeu de comportements qui se répondent. Cette situation qui peut vite devenir vicieuse ne tient pas à un individu ou à un autre mais bien à la mise en présence des deux. C’est pour cela que nous sommes co-responsables à 50% de l’interaction que nous entretenons. On en conclut que chacun de nous a la capacité de modifier la relation à tout moment.

Ainsi dans une société, chacun porte une part de responsabilité quant à son bon fonctionnement. Personne ne peut être tenu pour seul responsable de la qualité d’une relation.

Pour résumer et bien garder en tête nos responsabilités, voici un tableau récapitulatif :

Je suis à 100% responsable de

Ce que je fais

Ce que je dis

Ce que je pense

Ce que je ressens

Nous sommes coresponsables

A 50% de la relation

L’autre est à 100% responsable de

Ce qu’il fait

Ce qu’il dit

Ce qu’il pense

Ce qu’il ressent

Toute cette histoire ne s’arrête pas là. Pourquoi est-ce mieux de prendre ses responsabilités en fin de compte ? Pourquoi ne pas s’asseoir confortablement dans le canapé du prétexte ? Et si je suis bien dans ma position de sauveur de l’humanité ou de persécuteur, pourquoi ne pas y rester ? Il nous faut un coupable !

Je soulèverai ces questions dans le prochain article : Responsable oui ! Coupable non ! De la responsabilité à la culpabilité…

Conte : Bouddha, la jalousie et la colère

Le Bouddha enseignait partout où il passait.

Or, un jour qu’il parlait sur la place du village, un homme vint l’écouter parmi la foule. L’auditeur se mit bientôt à bouillir d’envie et de rage. La sainteté du Bouddha l’exaspérait. N’y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible. L’homme fulminant quitta sa place.
Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s’apaisait. Déjà le temple de son village grandissait au-dessus des rizières. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu’il avait insulté un sage. IL se sentit si mal à l’aise qu’il rebroussa chemin, décidé à présenter des excuses au Bouddha.


Lorsqu’il arriva sur la place où l’enseignement continuait, la foule se poussa pour laisser passer l’homme qui avait insulté le maître. Les gens incrédules, le regardaient revenir. Les regards se croisaient, les coudes étaient poussés pour attirer l’attention des voisins, un murmure suivit ses pas.

Lorsqu’il fut suffisamment près, il se prosterna, suppliant le Bouddha de lui pardonner la violence de ses propos et l’indécence de sa pensée. Le Bouddha, plein de compassion, vint le relever.
– Je n’ai rien à vous pardonner, je n’ai reçu ni violence ni indécence.
– J’ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves.
– Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ?
– Je ne tends pas la main, je ne le prends pas bien sûr.
– Que fait le donateur ?
– Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet.
– C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quand à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre.

 

Contes des sages de l’Inde